Le bouleau, arbre pionnier

Betula pendula ou pubescens

« Le svelte bouleau au tronc de satin blanc et à la cime échevelée forme la parure secrète des forêts humides et des tourbières où le brouillard s’effiloche à l’aurore ». (Mésségué)

Un bouleau double avec des jeunes au premier plan
Le double bouleau de Saint-Luc et des petits jeunes

C’est un arbre à développement moyen, de 5 à 30m pour un tronc de 90cm. Il peut vivre jusqu’à 150 ans. Son port est cylindrique et élancé, avec un houppier lâche et retombant en bout de branche. On le trouve dans les landes, lisières et clairières des forêts, plutôt en milieu humide. Il monte jusqu’à 2000m d’altitude. C’est une espèce pionnière, notamment grâce à des rejets abondants et à une germination facile. Il n’aime pas la concurrence des espèces sociales.

Son écorce sur un jeune tronc est blanche, lisse et se détache comme du papier. Plus tard, elle se crevasse pour donner une écorce plus épaisse à écailles profondes brun-gris. La couleur blanche est due à une substance naturelle qui réfléchit la lumière: la bétuline. Les feuilles du pleureur sont plutôt triangulaires, doublement dentées et sans poil, celles du pubescent ont plustôt une forme de losange, dentées et pubescentes. Le bouleau produit des fleurs mâles et femelles sur le même arbre. Les mâles apparaissent dès l’automne et arrivent à maturité au printemps en même temps que les fleurs. Ses fruits sont très appréciés du bouvreuil, les abeilles récoltent le pollen comme nourriture d’appoint.

C’est un bioindicateur d’un sol mal drainé, asphyxié, en train de s’acidifier avec du calcium en quantité insuffisante dans un sol trop compact et saturé en eau.

Pline raconte que le bouleau était utilisé comme bâton pour les maîtres d’école! Arbre sacré, le bouleau était vénéré des Celtes et des Germains ainsi que par les peuplades du Nord, d’Amérique, etc. Dans la tradition nordique populaire, il est la fiancée de la lumière et du vent. Jusqu’au Moyen Age, on fouettait de ses branches les personnes habitées par les mauvais esprits. Pour les Celtes, il était l’arbre du juste milieu, l’arbre de la lumière et de la sagesse. C’est le 1er arbre de leur calendrier. Hildegarde préconisait ses fleurs contre les ulcères.

Paysage automnal avec des arbres colorés, des montagnes en arrière-plan et un ciel nuageux.
Bouleau automnal
  • écorce: récolte toute l’année
  • cambium: récolte toute l’année
  • sève: février-mars
  • feuilles: avril à novembre
  • bourgeons: au débourrement, mars-avril

Feuilles: flavonoïdes (2 à3%), acides phénols, principes amers, tanins, huile essentielle, saponosides, acide ascorbique, sels de potassium

Sève: flavonoïdes, tanins, mucilages, vitamines, fructose, potassium

Ecorce: bétuline (12 à 14%), tanins, huile essentielle, saponines, glucose

Forêt enneigée avec des arbres élancés, dont des bouleaux, entourés de neige.
Bouleau hivernal facilement reconnaissable avec son tronc blanc

Feuilles:

  • anti-rhumatismales, diurétiques, dépuratives, antiinflammatoires urinaires, cicatrisantes et antiseptiques externe
  • en cas d’inflammations des voies urinaires, de calculs biliaires et rénaux, d’oedèmes, de PMT, de goutte, de dermatoses, de douleurs articulaires et de cellulite

Ecorce:

  • fébrifuge, désinfectante et cicatrisante externe, hépatoprotectrice
  • en cas de fièvre, dyspepsie, cholestérol, plaies, herpès et staphylocoque doré
  • HE: riche en salicycate de méthyle, c’est une huile anti-inflammatoire, antalgique, dépurative, hépatostimulante et antispasmodique. En externe principalement. En cas de contracture musculaire, de tendinite, d’arthrite, de céphalées, d’insuffisance hépatique, d’hypertension, d’oedèmes, d’excès de cholestérol et d’acide urique

Sève:

  • l’eau de bouleau est stimulante du métabolisme, reminéralisante, immunostimulante, draîneur général
  • en cas de fatigue générale, de douleurs articulaires, de dermatoses, calculs urinaires, goutte ou de cellulite. C’est un préventif des coliques néphrétiques. En externe, elle favorise la pousse des cheveux

Bourgeons:

  • stimulant endocrinien général, renforce l’immunité, favorise la détox et agit sur l’engorgement des ganglions lymphatiques, anti-allergique, favorise la fixation du calcium et la sécrétion de la bile, agit au niveau articulaire
  • en cas de frigidité, d’état dépressif, d’arthrose, rachitisme, de rétention d’eau, de mal de dos, d’ostéoporose, de rhumatismes. Baisse le cholestérol et stimule les cellules hépatiques Il éclaire le chemin de celui qui est englué, il régénère
Branche avec des feuilles vertes et fraîches en arrière-plan flou.
  • tisane de feuilles 30 à 50gr par litre et décoction d’écorce 30gr par litre. Ou en compresses sur les blessures
  • élixir: facilite l’ouverture au monde, il aide à ne pas rester enfermé sur soi-même et à prendre soin de ce qui nous entoure. Mais aussi à surmonter les tendances sclérosantes de la vieillesse, ou de découragement ou mélancolie. Il protège et régénère.
  • alcoolature Cérès: 4 à 6 gtes 1à 3/jour
  • bourgeons: 5 à 15 gtes par jour
  • sève: 250ml en 2 ou 3 prises pdt 3 semaines

Le bouleau n’a pas de toxicité à dose normale. L’HE est conseillée en usage externe, à éviter chez les femmes enceintes et allaitantes, chez les enfants de moins de 7ans et les personnes allergiques à l’aspirine. A éviter également en cas de traitement anti-coagulant.

Un arbre renversé avec des branches étendues sur une pente herbeuse, entouré de verdure et d'arbres.
Les bouleaux n’ont pas apprécié le mètre de neige tombé le 17.04.2025
  • cambium: cuit à l’eau. Il donne une espèce de bouillie. Cuit à la poêle, il aura un côté croustillant
  • feuilles: ajoutées jeunes en petite quantité aux salades, en remplacement de la farine
  • chatons: chocolatés, confits, grillés
  • champagne avec la sève fermentée
  • chips de feuilles
  • oxymel anti-inflammatoire (frêne, bouleau, cassis)

Le bouleau a été utilisé pour le chauffage, en offrant une chaleur intense, la construction, le cordage, les vêtements, le tannage, la boisson, la médecine,… C’est un bois qui se travaille facilement en menuiserie, ébénisterie. On en fait également du contre-plaqué, de la pâte à papier, des manches, des maquettes ou de la décoration. Avec ses rameaux, on fabrique des balais. Les bergers autrefois fabriquaient des guêtres avec son écorce. La distillation du goudron d’écorce offre une huile rougeâtre servant à l’imperméabilité du tannage. Son écorce imputrescible a donné vie à de nombreux objets, paniers, boîtes, carquois, pirogues, gobelets,…

Ses feuilles teignent en jaune et en vert avec de l’alun, son écorce teint la laine en des tons orangés.

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