Cette petite plante négligée par la science moderne en ce qui concerne ses propriétés médicinales est plus familière aux promeneurs qu’aux lecteurs de livres de phytothérapie dans lesquels elle ne figure souvent pas. Cependant, elle fait actuellement un retour dans le domaine des anti-douleurs, suscitant un regain d’intérêt pour ses possibles bienfaits. Son avantage supplémentaire réside dans sa localité, offrant ainsi une alternative plus accessible comparée à des plantes telles que l’harpagophytum importée de contrées lointaines.
Botanique
Ajuga reptansAjuga pyramidalis
La bugle est une plante vivace originaire d’Europe, de certaines régions d’Asie et d’Afrique du Nord. Elle est couramment présente dans les prés maigres humides, le long des chemins forestiers et dans les pâturages de montagne. Appartenant à la famille des lamiacées, elle est « cousine » des menthes, marjolaines et autres lavandes. Ses fleurs bleu-pourpre sont disposées en épi verticillé et éclosent de mai à juillet. La corolle présente une seule lèvre, avec une lèvre inférieure découpée en 3 lobes inégaux et une lèvre supérieure à peine dessinée. Les feuilles basales sont ovales, légèrement dentées et munies de pétioles, tandis que les feuilles supérieures, opposées par paires, sont sessiles. Sa tige, quadrangulaire et velue, se propage par stolons. Le nom latin Ajuga dérive de « Abiga », signifiant chasser ou délivrer. La bugle est également appelée petite consoude. Il existe 5 espèces de bugle, dont 3 à fleurs bleues (bugle rampant, pyramidale et genevoise), une à fleur jaune (l’Ivette, commune) et la dernière à fleurs pourpres (l’Ivette musquée).
Histoire
Au XIII ème siècle, les Allemands en faisaient grande éloge en déclarant qu’elle l’emportait pour soigner les plaies sur toutes les autres plantes, lui donnant ainsi le nom de Wundkraut (l’herbe aux plaies). Un ancien dicton dit : « Qui a la bugle et la sanicle fait au chirurgien la nique ». Au XVII, Culpeper en faisait également l’éloge: « La décoction de feuilles et de fleurs en vin liquéfie le sang coagulé chez les personnes souffrant de contusions internes dues à une chute ou à d’autres chocs. Elle est très efficace contre toutes les plaies, les poussées ou les élancements dans le corps ou les intestins. »
Le Dr. Leclerc en parle par contre comme la « plus résolument inerte des herbes ». Et Cazin, un siècle plus tôt, n’a pas été non plus très élogieux avec elle : « Ce vulnéraire si vanté guérit uniquement les plaies que la nature seule conduirait très bien à cicatrice ». A la Renaissance, on la revalorise, mais elle reste avant tout la panacée vulnéraire du médecin de campagne, censée agir tant sur les plaies, coupures, blessures, ulcères que sur des hémorragies plus sérieuses. On l’a par ailleurs beaucoup employée contre l’asthme, la diarrhée et la goutte et comme antivenimeuse. Fait intéressant, les usages traditionnels d’autres régions comme l’Australie ou le Maghreb corroborent ces indications.
Il est troublant de constater comment une plante peut être perçue de manière si contrastée à travers les époques et les sources. Tandis que certains lui accordaient des vertus presque miraculeuses dans le traitement des blessures, d’autres la considéraient presque avec dédain. La bugle incarne ainsi la richesse et la diversité des approches médicinales à travers le temps.
Composés
Peu de sources citent ses composés, mais elle aurait des principes amers dont on n’ignore plus l’action sur la sphère hépatobiliaire, des tanins (astringents et cicatrisants), des acides-phénols et des flavonoïdes, quelques traces d’essence aromatique, une phytoecdysone (hormone stéroïdienne)et enfin des glucosides iridoïdes dont l’harpagoside, anti-inflammatoire et antalgique.
Les harpagosides, que l’on retrouve dans la bugle rampante, l’harpagophytum ou la scrofulaire noueuse inhibent l’activation du NF-kappa-B (une protéine de la superfamille des facteurs de transcription impliquée dans la réponse immunitaire et la réponse au stress cellulaire) qui déclenche toute une cascade de fabrication de médiateurs de l’inflammation à partir de l’acide arachidonique.
Propriétés
Très récemment, une étude in vitro a montré la capacité de la bugle à inhiber la prolifération de plusieurs germes. Certains phytothérapeutes la réhabilitent actuellement et la prescrivent, en complément, pour soulager les douleurs et les inflammations de l’endométriose ou de la fibromyalgie (magazine Plantes et Santé).
astringente
tonique
fébrifuge
action cicatrisante, vulnéraire et hémostatique sur les petites coupures
action anti-douleur, antalgique
laxative douce
Usages thérapeutiques
Maux de gorge, angine, inflammations bucco-laryngées
Ulcère gastro-intestinal, diarrhée
Insuffisance biliaire
Hémorragies, hémoptysie, plaies
Douleurs rhumatismales légères
Infusion de sommités fleuries 1cs (toux, bronchite, dilatation des bronches, ulcère gastroduodénal, diarrhées, règles abondantes, hémorroïdes : 2 à 3 tasses par jour, en cure renouvelable).
Décoction de sommités fleuries
Cataplasme de feuilles fraîches en externe
Teinture-mère (en traitement d’appoint contre la dilatation bronchique, mais également la fibromyalgie et l’endométriose ou contre les contractures musculaires douloureuses : prendre 20 à 50 gouttes diluées dans l’eau, 2 à 3 fois par jour. C’est sous cette forme que les phytothérapeutes prescrivent la bugle le plus souvent).
Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations
Etant donné que le bugle est pour le moment peu documenté, il est difficile d’affirmer que cette plante peut représenter ou non un quelconque danger à travers un emploi en phytothérapie.
En cuisine
Ses fleurs peuvent décorer et ses jeunes feuilles peuvent être utilisées à la manière des endives, mais ensuite elle devient assez amère.
Au jardin
La bugle peut devenir une plante ornementale qui convient à de nombreux types de jardin, en plate-bandes comme couvre-sol ou comme bordure. On en trouve plusieurs variétés cultivées.
Bugle pyramidal
Bibliographie
-Fleischhauer, Guthmann et Spielgelberger, Plantes sauvages comestibles, 2019, Ulmer
-Fournier P, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, 2010, Omnibus
Cet arbuste de 2 à 4 mètres, souvent plus large que haut, de la famille des roses (rosacées) est originaire d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Il a par le passé souvent été planté en haies, du fait de ses épines et de la densité de ses branches qui permettaient de faire obstacle au passage humain comme animal. On le rencontre donc dans les haies et les clairières de forêts légèrement humides. Il colonise les terrains abandonnés et de préférence calcaires.
Son tronc est souvent assez tortueux de couleur gris-brun, crevassé avec l’âge. Ses branches rigides et épineuses portent des feuilles ovales aux lobes très profonds et plus ou moins arrondis au sommet. Les fleurs blanches, voire rosâtres, à 5 pétales et aux étamines roses apparaissent en groupe au printemps, attirant de nombreux insectes. Leur odeur n’est pas des plus agréables lorsque les fleurs sont chauffées par le soleil, celle-ci est due à l’exhalaison de triméthylamine. Les fruits rouges, les cenelles, contiennent une ou deux graines dures, Les arbustes se croisent facilement entre eux (il en existe plus de cent espèces dans le monde) et il est difficile de les distinguer botaniquement parlant, mais on suppose que toutes les variétés disposent de vertus similaires.
L’aubépine, une plante à croissance lente, a la capacité de vivre jusqu’à 500 ans, voire plus, et certains spécimens sont même réputés millénaires. Ses fleurs et fruits attirent les mouches, les coléoptères et les oiseaux. Il est vivement recommandé de cultiver de l’aubépine dans votre jardin afin de profiter de sa beauté ainsi que des bienfaits qu’elle peut apporter à votre santé et à la biodiversité. De plus, cette plante n’est que très rarement parasitée, elle est facile à cultiver et ne nécessite pas de soins particuliers sur le plan écologique. Elle peut résister à des températures descendant jusqu’à -17°C.
Histoires et traditions
L’aubépine a toujours été une source inépuisable d’inspiration à travers les âges, et de nombreuses histoires et traditions témoignent de la richesse de cet arbuste. Pour cet article, j’ai puisé dans au moins 20 livres contenant une référence à cet extraordinaire symbole de force et de renouveau !
Version Histoire:
Les hommes de la Préhistoire appréciaient les fruits pour leurs vertus médicinales, une tradition reconnue depuis l’Antiquité. De nombreux noyaux ont été découverts à proximité de leurs habitations, témoignant de l’importance de ces fruits dans leur vie quotidienne.
Dioscoride préconisait un sirop qui luttait contre la vieillesse. Au Moyen-Age et plus tard, on le recommandait contre la goutte, la pleurésie, les hémorragies et les leucorrhées. la sage-femme de Marie de Médecis la donnait pour dissoudre les calculs urinaires. Avant de partir en croisade, le preux chevalier offrait à sa belle une branche ornée d’un ruban grenat, signe de son attachement et de sa fidélité.
En Angleterre au début du 19ème, l’arbuste fut implanté par de riches propriétaires afin de rendre difficile l’accès de leurs nombreuses terres aux paysans et autres indésirables.
Mais il fallut attendre la fin du XIX (1897) pour que son action cardiaque soit démontrée. Et elle devient dès lors très réputée pour ses vertus sédatives du système cardio-vasculaire.
Les fruits étaient appelés Poire du Seigneur en bas Valais ou poire d’oiseau, car ils attirent de nombreux oiseaux. Surnommée aussi bonnet de nuit, car l’aubépine invite au sommeil. mais également épine blanche, noble épine, senellier, bois de mai,…
Le bois de l’aubépine, dur comme du fer est recherché par les ébénistes, pour fabriquer des manches d’outils et par les marcheurs pour en faire leur bâton. Il a de plus été utilisé pour fabriquer les potences. Il a un grand pouvoir chauffant tout en produisant peu de cendres et a ainsi été bien utilisé par les boulangers.
Version traditions et légendes:
Arbre sacré chez les Celtes, les Grecs et les Romains, l’arbuste était emblème de santé, prospérité, force et protection, de guérison et de fertilité. Il est à l’origine de nombreuses légendes:
-Héra, femme de Zeus a conçu ses enfants en touchant ses fleurs. A Athènes, lors des repas de noces, chaque convive portait une branche d’aubépine, gage de bonheur et de prospérité des époux. Les Romains l’avaient dédiée à Maïa, mère d’Hermès, célébrée en mai, ses branches garnissaient la chambre des mariés ainsi que le berceau des bébés.
-Ce serait l’arbre du buisson ardent de Moïse, ses branches auraient composé la couronne du Christ.
-C’est l’arbre des fées, elles y résident fréquemment sous sa protection. Leur présence ne ferait aucun doute si 3 arbustes se sont regroupés pour former un rond, tout comme un arbuste isolé croissant près d’un ruisseau. On avait ainsi coutume d’y amener des offrandes au pied. Il était très dangereux de s’en approcher le 3 avril, le 11 mai, le 24 juin et le 1er et 11 novembre, les fées s’y réunissant en grands nombres et n’aimant pas être dérangées. Abattre de tels arbres étaient évidemment peu judicieux, on ne détruit pas les arbres des fées impunément.. De nombreux Irlandais s’opposent encore à la destruction d’aubépines visant à agrandir ou aménager des routes. Ainsi en 1999, un homme alerta la presse et mit en garde l’administration contre les fées qui chercheraient à se venger, après une vague de solidarité populaire, on promit de l’épargner..
-L’aubépine était l’arbre sacré de la fête celtique de Beltaine (1er mai). On faisait de grands feux qui faisaient objet de concurrence dans les villages, à qui ferait le feu le plus haut! On y dansait autour et à l’issue de la fête, chacun partait avec une branche qu’il fixait sur sa porte. Ce n’est qu’après que commençait la saison des mariages, car on ne se mariait jamais entre Samain et Beltan. Selon le calendrier celte, établi sur 13 lunes, la lune de l’aubépine a lieu du 13 mai au 8 juin. Il est le 6ème arbre de l’alphabet druidique et correspond à la lettre H ou Uath, mais ce fait n’est pas certain. L’aubépine est associée au temps, ainsi qu’à la chasteté et à la pureté. Sous la lune de l’aubépine, on lavait les temples en vue des fêtes du solstice. Certaines activités ne devaient pas se passer à ce moment comme le port de nouveaux vêtements. Elle était aussi associée à une certaine austérité et à la force durable. Sous cette lune, on prend conscience des cycles de la vie. les projets, s’ils ont été bien menés, c’est aussi le moment de planifier la suite, de s’interroger sur ce qui est durable ou non. La personne née sous cette lune était capable de bien planifier les choses en distinguant l’essentiel. Il était aussi réputé protecteur, les oiseaux sont nombreux à y faire leur nid et ayant le pouvoir d’éloigner la foudre, la foudre tombant rarement sur l’aubépine. Il se pourrait effectivement bien que l’arbuste écoule l’électricité par ses épines, comme les paratonnerres.
-La légende celtique dit que Nolwenn, fille d’un prince de Cornwall est venue s’installer en Bretagne du côté de Vannes. A Bignan, elle rencontre un tyran qui la décapite, mais elle continue sa route, en tenant sa tête dans ses mains. Elle plante enfin son bâton dans la terre, qui devient une aubépine. Elle y est vénérée dans tout le Morbihan et guérissait les migaines.
-Merlin serait enfermé dans un buisson d’aubépine dans la forêt de Brocéliande, Viviane l’y ayant enchaîné de peur de le perdre. Près de la tombe de Merlin, on y trouve effectivement une belle aubépine…
-On plantait de l’aubépine aux abords des maisons car on pensait que sa proximité permettait de conserver la viande, d’empêcher le lait de tourner et de faire fuir les serpents.
Constituants
De nombreux composés sont présents dans les feuilles ou les fruits: des oligomères procyanidiques caractéristiques (catéchine, épicatéchine), des anti-oxydants comme des flavonoïdes en particulier dans les feuilles et l’écorce (quercétine, hyperoside, vitexine et rutoside) et des acides organiques triterpéniques et phénoliques, ainsi que des amines biogènes aromatiques comme la tyramine, des saponines, des traces d’huile essentielle, pigments, purines, tanins, vit C (fruits), sorbite et choline.
Propriétés
L’aubépine est utilisée depuis des siècles dans la médecine traditionnelle. Les parties utilisées de cet arbuste comprennent les fleurs, les feuilles et les fruits (appelés cenelles).
Les fleurs, feuilles et les fruits de l’aubépine sont réputés pour leurs propriétés anxiolytiques, ce qui signifie qu’ils ont la capacité de réduire l’anxiété et le stress. Ils sont également connus pour leurs effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire, grâce à leurs flavonoïdes et la procyanidine, notamment pour traiter les problèmes cardiaques tels que l’hyperémotivité cardiaque, les palpitations liées au stress, des arythmies légères ou pour des troubles cardiaques plus graves, l’aubépine peut ainsi aider à stabiliser et à réguler le rythme du cœur. Comme mécanisme d’action principal, certains auteurs émettent l’hypothèse d’une inhibition par les flavones de l’entrée de calcium dans la cellule myocardique1. La rutine agirait sur les capillaires en en réduisant l’usure et en augmentant ainsi le passage du sang et diminuant la congestion associée à la chaleur. L’aubépine améliorerait le dépôt de lipides dans les parois capillaires et les globules rouges qui passent à travers, le sang passe ainsi plus rapidement et facilement. La réduction du cholestérol serait due à la diminution des lipoprotéines à basse densité (LDL) et à l’augmentation de celles à haute densité (HDL), ce qui permettrait de réparer plus efficacement les surfaces capillaires blessées. Contrairement à la digitale, qui renforce directement les mouvements des muscles cardiaques, l’aubépine améliore la nutrition, l’activité, les réserves du muscle2. Le tempérament passionné ou nervo-sanguin avec une domination du mental en profitera bien. Selon la médecine de Steiner, l’aubépine aide à refouler les tendances durcissantes et refroidissantes de nos pensées qui perturbent le système cardiaque et respiratoire.
En plus de soulager les symptômes liés au stress et aux troubles cardiaques, l’aubépine a également des propriétés antispasmodiques, et peut être utile pour les personnes souffrant de spasmes ou de crampes musculaires. On l’utilise également pour soulager diarrhée et dyspepsie. Elle est en plus indiquée comme spécifique dans les troubles de l’attention.
Ce qui est intéressant avec l’aubépine, c’est qu’elle peut être utilisée sur le long terme (et devant souvent l’être, ses action étant assez lentes), quelles que soient les causes des problèmes cardiaques. Elle est considérée un peu comme une plante adaptogène, ce qui signifie qu’elle peut aider à améliorer la résilience du corps face au stress et aux diverses conditions qui peuvent affecter le cœur. Elle ne présente aucune toxicité, mais à vérifier les interférences et potentialisations lors de traitements pour maladies cardiaques et le port de pacemaker (bétabloquants, digoxine, inhibiteurs de phosphodiestérase 5, Viagra,..).
En médecine chinoise, il est le symbole du feu, plante du vide du coeur, coeur-matière et coeur Shen (coeur et système nerveux). Les fruits de la variété asiatique Crataegus pinnatifida Bunge « shan zha » sont utilisés dès l’apparition de symptômes de stagnation alimentaire, ballonnements, indigestion,.. Elles sont aussi indiquées pour soulager les accouchements ou règles douloureuses, et partiellement carbonisées, elles sont utilisées contre les diarrhées.
L’aubépine s’accommode de différentes situations et a l’aptitude à trouver sa juste place. Selon la théorie des signatures, l’aubépine a 2 couleurs, le rouge est lié au coeur et le blanc est symbole de pureté. Elle nous montre ainsi le chemin du coeur, la voie du milieu, le retour au centre. C’est une énergie d’alignement, apaisante et protectrice. Souvent trilobées, les feuilles rappellent la symbolique de la trinité, le triskel breton. Le 3 ainsi que ses couleurs invitent à sortir de la dualité et à trouver la voie du coeur.
Par ailleurs, l’aubépine entre également dans la composition de nombreux produits naturels tels que les infusions, les compléments alimentaires et les crèmes pour la peau. Sa teneur en antioxydants en fait une plante appréciée pour ses effets anti-âge et son pouvoir protecteur contre les radicaux libres.
1 De la lumière à la guérison
2 Traité d’herboristerie, Wood, cf bibliographie
Galénique
En tisane: 1cc de fleurs et feuilles séchées pour 1 tasse, plusieurs fois par jour ou 3/4 de fleurs et 1/4 de fruits secs. Jusqu’à 50 gr de fleurs dans 1 litre.
En alcoolature: l’essence Cérès d’aubépine est une essence de rythmes, elle harmonise force accumulée et déchargement impulsif. Elle nous montre que de nombreuses évolutions de la vie ne se déroulent pas de manière linéaire, il y a des entraves, des chemins de travers. Les moments de ralentissement sont nécessaires pour que de nouvelles impulsions apparaissent. Si on les évite, les congestions apparaissent. L’aubépine donne de nouvelles impulsions de vie, nous donne de la confiance et dissipe les sensations d’angoisse et de pression psychologique. Elle aide physiquement pour toute problématique cardiaque, les états d’épuisement, de stress, d’asthme et durant la ménopause. jusqu’à 30 gouttes 3x/par jour pour une teinture artisanale.
En macérât de bourgeons: c’est l’arbre de l’adaptation, qui est capable de trouver la juste place. Il aura une action sur le cardio-vasculaire et le système nerveux, calmant les angoisses cardiaques, boulimies, anxiétés, régulant le rythme cardiaque, aussi après un infarctus. Il protège lorsque l’on vit des situations difficiles et que l’on se sent inadapté en nous enveloppant d’amour.
En homéopathie: elle est utilisée également pour les problèmes cardiaques.
En élixir floral: l’aubépine semble toujours pousser à sa place, s’adaptant et s’intégrant harmonieusement dans la nature. L’élixir facilite la libération des influences extérieures et attachements émotionnels, il nous aide à développer notre individualité, notre liberté intérieure. Il soulage les stress émotionnels liés au relationnel (deuil, rupture,…), apaise et équilibre le système cardiaque. Il est aussi conseillé en cas de séparation ou de deuil, c’est un baume de douceur, à n’importe quelle période de la vie, il aidera à se recentrer et calmera le stress et angoisse.
En macérat huileux: l’huile de fleurs adoucit et soulage les peaux irritées et sèches, elle diminue les rougeurs, irritations et les démangeaisons. Celle des baies referme et tonifie les pores dilatés et équilibre l’état de la peau. Calme et favorise le repos lorsqu’elle est appliquée sur la colonne et les épaules.
En fumigation: on utilisera les fleurs séchées et le bois. Traditionnellement. on considérait que la fumigation permettait de protéger la maison et la famille.
Recettes culinaires
Les fruits ont été ramassés pour être stockés, séchés et utilisés en remplacement de la farine, qui adoucira et enrichira la qualité nutritive des plats en sauce par ex ou de toute préparation farineuse. Les fruits frais sont riches en vitamine C et plus ou moins sucrés selon l’arbre sur lequel on les cueille, mais de texture toujours assez farineuse.
– bourgeons non ouverts pour leur goût de noisette dans la
salade, à ajouter comme des câpres
– fruits séchés pour la farine, pâtisserie, barre de céréales, tisane
aux fruits
– fruits en confiture, sirop, liqueur, compote, pesto
– graines de fruits comme succédané de café
– feuilles très jeunes en salade, sur une tartine beurrée ou à
grignoter directement sur l’arbre
– sauce tomate sauvage avec des églantiers (100gr de cenelles,
400 de cynorrhodons, 3 oignons, 3 gousses dail, herbes
aromatiques, sel selon F. Couplan)
Recettes médicinales
- alcoolature fleurs et fruits - vin cordial d'aubépine - électuaire relaxant (50ml de miel, 300gtes de macérats glycérinés, 2gr de poudre de tilleul, 30gtes d'essence de citrus aurantium: 1/2cc 3x/j dans de l'eau, 1/4 pour enfants)
Bibliographie
– Notes de cours formation phyto
– Les plantes des fées, Barrau et Ely, 2014, Terra curiosa
– La cuisine sauvage, Couplan, 2018, Sang de la terre
– De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre sciences et
Première étape de la préparation d’une teinture-mère
Nom commun: marronnier d’Inde, faux châtaignier, châtaigner de cheval
Nom latin: Aesculus hippocastanum
Famille: hippocastanaceae
Le marron d’Inde a la force de faire se redresser les personnes, il aide à contrôler les pensées qui tournent en rond, qui portent sur des détails insignifiants, tout comme le sang qui ne peut plus retourner correctement au coeur à cause d’une insuffisance veineuse. Il aide à lâcher-prise sur le contrôle et à voir les choses à travers les yeux d’un enfant, avec curiosité et enthousiasme, avec une joie lumineuse comme le marron, graine brillante, ronde et douce qui s’échappe de sa capselle.
Constituants :
Saponosides triterpénoïdiques (de 3 à 6%): aescine en particulier (groupement de plus de 30 hétérosides).
Tanins (beaucoup), en particulier les proanthocyanidols, dans le tégument de la graine.
Coumarines : aesculine, etc.
Flavonoïdes : quercétine, rutine, etc.
Lectines
Phytostérols
Polysaccharides
Lipides
Propriétés:
Veinotonique (tonique veineux, quand les veines se déforment-varices, hémoroïdes- ou qu’elles se dégradent en profondeur (insuffisance). Veines plus élastiques et moins flasques, moins déformées. Le sang circule mieux de par la diminution de la viscosité sanguine.
Tonique de la lymphe en augmentant son débit.
Anti-oedémateux, lorsqu’il y a rétention d’eau à cause de problèmes de retour veineux. Les membres inférieurs sont moins gonflés. Il sera ainsi utile pour résorber un oedème dans le syndrôme du canal carpien, les dysménorrhées congestives, les névralgies du trijumeau et de compression, les lésions des disques inter-vertébraux.
Effet anti-inflammatoire sur les structures veineuses, elles sont moins enflammées. Utilité dans les lumbagos.
Effet décongestionnant du foie, qui s’il est congestionné (trop plein) induit une perturbation du retour veineux, le sang remontant des jambes aura du mal à circuler à travers cet engorgement. Il agirait également au niveau de la congestion de la prostate et du petit bassin.
Anti-couperose en compresses
Contrindications:
Ne pas appliquer sur une plaie ouverte.
La plante peut provoquer une irritation digestive chez la personne sensible, prendre de préférence après les repas et pas sur du long terme (2 à 3 semaines max). Ne pas utiliser si ulcère gastrique ou duodénal ou en insuffisance rénale.
Ne pas utiliser pendant la grossesse et l’allaitement.
Ne pas utiliser en cas de lupus.
La plante pourrait interagir avec les médicaments anticoagulants.
Utilisations:
En teinture-mère
En morceaux concassés pour une tisane (à mélanger avec d’autres plantes, amère. âcre et irritante!). Laisser bouillir 5 min., retirer du feu et infuser 10 min. Aussi en compresse sur les jambes ou les hémoroïdes.
En macérât huileux à appliquer sur les jambes ou les hémoroïdes.
En spagyrie
La plante agit rapidement, dans l’heure après la prise. S’il n’y a aucun soulagement pour les problèmes de retour veineux ou hémorroïdes au bout de 2 à 3 jours, à ce moment là, vous pouvez augmenter progressivement les doses.
Recette de la teinture-mère:
Ramasser des marrons fraîchement tombés (ils se conservent mal).
Les couper avec un couteau bien aiguisé.
Les mettre dans un bocal (graine et écorce) et recouvrir avec un alcool à 60°, laisser macérer une semaine.
Broyer les marrons avec l’alcool et refaire macérer, au moins 2 semaines.
Filtrer et mettre en bouteille, étiqueter.
Découpage des marrons (avec ici quelques feuilles de noisetier)
Sources: blog d’altheaprovence, Teintures mères végétales (Cérès, R. et H. Kalbermatten, ATVerlag), Cours de phythotérapie de la Mandorle 2020, Monographie de l’institut européen des substances végétales
Le sureau est un arbuste de 3 à 10 mètres de haut, à fleurs blanchâtres à crème, odorantes. Celles-ci sont réunies en corymbes fournies en forme de parapluie. Les feuilles sont imparipennées avec 5-7 lobes ovales, aigus et dentés. Les fruits noirs sont luisants à maturité. Son écorce est couverte de lenticelles liégeuses et les rameaux sont remplis de moelle blanche.
Le sureau peut vivre une centaine d’années et jusqu’à 1500 mètres. On les trouve sur le bord des chemins, dans les bois, en lisière, dans les haies et jardins dans presque toute l’Europe et en Asie mineure. Il aime les endroits ensoleillés à mi-ombragés et pratiquement tous les sols, de préférence riches en nutriments et en humus, bien alimentés en eau.
En altitude, on trouve le sureau rouge, légèrement toxique. Attention à ne pas le confondre le sureau noir avec le sureau hièble, plus toxique, qui est une herbacée et non pas un arbre. Ses fruits noirs sont dirigés vers le ciel alors que ceux du sureau noir sont retombant.
Sureau rouge et sureau hièble:
Composants
flavonoïdes (dont quercétine et kaempférol)
triterpènes (dont bétuline, acide oléanolique)
phytostérols (fleurs)
acides phénoliques (dont coumariques et caféiques ( (fleurs)
anthocyanes (fruits)
huiles essentielle
tanins
mucilages (fruits)
fruits: vit B2 (65mg/100gr frais), B6, C (18mg), bétacaroténoïde, acide folique (17mg), potassium, phosphore, calcium, acides ainés (tyrosine), sucre
Dans les tiges, les fruits verts et les graines se trouvent des liaisons cyanogènes qui lors de leur désagrégation donnent de l’acide cyanhydrique. Cet acide est libéré par la chaleur, le séchage, la macération dans l’alcool ou le vinaigre, ce sont donc des formes conseillées pour consommer ces fleurs.
Propriétés médicinales
sudorifique
anti-inflammatoire, antibactérien et viral
expectorant
immunomodulant et stimulant
Utilisations médicinales
rhume et fièvre
toux sèche, bronchite, enrouement, asthme, rhume des foins, sinusite, aussi chronique
en macérat huileux: peau irritée, crevasses, coup de soleil
en gargarsime: gingivite et stomatite
jus de fruits: stimulant, sciatique
en médecine chinoise, feuilles, tiges et racines favorisent la guérison des fractures et calment les spasmes musculaires.
en homéopathie, Sambucus 12CH pour le coryza ou laryngite
Bien cuire les baies et éviter une surconsommation (nausées et vomissement) et consommation contrôlée en cas de diabète (diminue le taux de glucose et fausse les tests). Aucune contre-indication connue pour les fleurs.
Ne pas nettoyer les fleurs au risque de perdre leur pollen, des substances et leur arôme.
Fruits
jus, sirop, liqueur, vinaigre
confiture, gelée
mousse, compote
tartes, gâteau, biscuit
sauce
cuir de fruit
Décrocher les fruits à l’aide d’une fourchette. .
Autres utilisations
Teinture, peinture, colorant alimentaire avec les fruits
Instrument de musique (flûte, pipeau)
Jardin (les feuilles fraiches éloignent les mouches et dans les terriers les rongeurs/ en purin les feuilles contre les pucerons, piéride du chou, altises et elles accélèrent la décomposition du compost)
Faune (gîte et couvert pour les oiseaux, fleurs pour les insectes et phalène du sureau et sphinyx du troène/tiges: nichoir à insectes au moment de la reproduction ou pour passer l’hiver pour notamment les abeilles et guêpes solitaires)
Conservation: des fleurs séchées étalées sous des pommes leur donnent un goût d’ananas
Histoire
Le sureau a une des plus vieilles histoires connues ; des archéologues ont retrouvé des graines attestant de son usage dans des sites datant de l’âge de pierre et de l’âge de bronze. La médecine grecque attribuait au sureau des propriétés laxatives et diurétiques, tandis que les Romains utilisaient les baies pour se teindre les cheveux. Hippocrate employait les baies contre l’hydropysie, Pline pour teindre les cheveux et Galien contre les catarrhes et les excès de mucus. Sainte Hildegarde, au XIIe siècle, préconisait son usage contre la jaunisse. Au XIXe siècle, les médecins utilisaient les fleurs fraîches comme diurétique, et les fleurs séchées pour soigner la grippe et les refroidissements. Le sureau est entouré de multiples légendes : la flûte enchantée des légendes germaniques serait en bois de sureau et les sons qu’elle émet protégeraient des sortilèges. C’est aussi en sureau que serait faite la baguette magique des sorcières et des fées. Chez les gitans, on ne brûle jamais le bois de cet arbre. Selon une tradition de Bretagne, chaque petite fleur de sureau abriterait une fée ayant fui la persécution des chrétiens. Planter un sureau proche de la maison protégerait des mauvais esprits, mais ne pas l’entourer de barrière en bois de sureau, les fées n’étant plus libres de circuler. Et avant de le couper, il s’agissait de s’attirer les bonnes grâces des esprits. Dans la mythologie grecque, les baies font partie de la nourriture des dieux. L’arbre pousserait sur des zones de courants telluriques et révélerait la présence de sources cachées,
Bibliographie
Barrau et Ely, Les plantes des fées, Terra curiosa, 2014
Bisseger et Siffert, La cuisine des plantes sauvages, Ulmer, 2022
Bouvet et Scaturro, Guide des plantes en montagne, terre vivante, 2023
Cieur Ch, Je me soigne grâce aux tisanes, terre vivante, 2023
« Le svelte bouleau au tronc de satin blanc et à la cime échevelée forme la parure secrète des forêts humides et des tourbières où le brouillard s’effiloche à l’aurore ». (Mésségué)
Le double bouleau de Saint-Luc et des petits jeunes
Botanique
C’est un arbre à développement moyen, de 5 à 30m pour un tronc de 90cm. Il peut vivre jusqu’à 150 ans. Son port est cylindrique et élancé, avec un houppier lâche et retombant en bout de branche. On le trouve dans les landes, lisières et clairières des forêts, plutôt en milieu humide. Il monte jusqu’à 2000m d’altitude. C’est une espèce pionnière, notamment grâce à des rejets abondants et à une germination facile. Il n’aime pas la concurrence des espèces sociales.
Son écorce sur un jeune tronc est blanche, lisse et se détache comme du papier. Plus tard, elle se crevasse pour donner une écorce plus épaisse à écailles profondes brun-gris. La couleur blanche est due à une substance naturelle qui réfléchit la lumière: la bétuline. Les feuilles du pleureur sont plutôt triangulaires, doublement dentées et sans poil, celles du pubescent ont plustôt une forme de losange, dentées et pubescentes. Le bouleau produit des fleurs mâles et femelles sur le même arbre. Les mâles apparaissent dès l’automne et arrivent à maturité au printemps en même temps que les fleurs. Ses fruits sont très appréciés du bouvreuil, les abeilles récoltent le pollen comme nourriture d’appoint.
C’est un bioindicateur d’un sol mal drainé, asphyxié, en train de s’acidifier avec du calcium en quantité insuffisante dans un sol trop compact et saturé en eau.
Pline raconte que le bouleau était utilisé comme bâton pour les maîtres d’école! Arbre sacré, le bouleau était vénéré des Celtes et des Germains ainsi que par les peuplades du Nord, d’Amérique, etc. Dans la tradition nordique populaire, il est la fiancée de la lumière et du vent. Jusqu’au Moyen Age, on fouettait de ses branches les personnes habitées par les mauvais esprits. Pour les Celtes, il était l’arbre du juste milieu, l’arbre de la lumière et de la sagesse. C’est le 1er arbre de leur calendrier. Hildegarde préconisait ses fleurs contre les ulcères.
Bouleau automnal
Cueillettes et usages
écorce: récolte toute l’année
cambium: récolte toute l’année
sève: février-mars
feuilles: avril à novembre
bourgeons: au débourrement, mars-avril
Constituants
Feuilles: flavonoïdes (2 à3%), acides phénols, principes amers, tanins, huile essentielle, saponosides, acide ascorbique, sels de potassium
Ecorce: bétuline (12 à 14%), tanins, huile essentielle, saponines, glucose
Bouleau hivernal facilement reconnaissable avec son tronc blanc
Usages médicinaux
Feuilles:
anti-rhumatismales, diurétiques, dépuratives, antiinflammatoires urinaires, cicatrisantes et antiseptiques externe
en cas d’inflammations des voies urinaires, de calculs biliaires et rénaux, d’oedèmes, de PMT, de goutte, de dermatoses, de douleurs articulaires et de cellulite
Ecorce:
fébrifuge, désinfectante et cicatrisante externe, hépatoprotectrice
en cas de fièvre, dyspepsie, cholestérol, plaies, herpès et staphylocoque doré
HE: riche en salicycate de méthyle, c’est une huile anti-inflammatoire, antalgique, dépurative, hépatostimulante et antispasmodique. En externe principalement. En cas de contracture musculaire, de tendinite, d’arthrite, de céphalées, d’insuffisance hépatique, d’hypertension, d’oedèmes, d’excès de cholestérol et d’acide urique
Sève:
l’eau de bouleau est stimulante du métabolisme, reminéralisante, immunostimulante, draîneur général
en cas de fatigue générale, de douleurs articulaires, de dermatoses, calculs urinaires, goutte ou de cellulite. C’est un préventif des coliques néphrétiques. En externe, elle favorise la pousse des cheveux
Bourgeons:
stimulant endocrinien général, renforce l’immunité, favorise la détox et agit sur l’engorgement des ganglions lymphatiques, anti-allergique, favorise la fixation du calcium et la sécrétion de la bile, agit au niveau articulaire
en cas de frigidité, d’état dépressif, d’arthrose, rachitisme, de rétention d’eau, de mal de dos, d’ostéoporose, de rhumatismes. Baisse le cholestérol et stimule les cellules hépatiques Il éclaire le chemin de celui qui est englué, il régénère
Galénique
tisane de feuilles 30 à 50gr par litre et décoction d’écorce 30gr par litre. Ou en compresses sur les blessures
élixir: facilite l’ouverture au monde, il aide à ne pas rester enfermé sur soi-même et à prendre soin de ce qui nous entoure. Mais aussi à surmonter les tendances sclérosantes de la vieillesse, ou de découragement ou mélancolie. Il protège et régénère.
alcoolature Cérès: 4 à 6 gtes 1à 3/jour
bourgeons: 5 à 15 gtes par jour
sève: 250ml en 2 ou 3 prises pdt 3 semaines
Le bouleau n’a pas de toxicité à dose normale. L’HE est conseillée en usage externe, à éviter chez les femmes enceintes et allaitantes, chez les enfants de moins de 7ans et les personnes allergiques à l’aspirine. A éviter également en cas de traitement anti-coagulant.
Les bouleaux n’ont pas apprécié le mètre de neige tombé le 17.04.2025
Usages culinaires
cambium: cuit à l’eau. Il donne une espèce de bouillie. Cuit à la poêle, il aura un côté croustillant
feuilles: ajoutées jeunes en petite quantité aux salades, en remplacement de la farine
Le bouleau a été utilisé pour le chauffage, en offrant une chaleur intense, la construction, le cordage, les vêtements, le tannage, la boisson, la médecine,… C’est un bois qui se travaille facilement en menuiserie, ébénisterie. On en fait également du contre-plaqué, de la pâte à papier, des manches, des maquettes ou de la décoration. Avec ses rameaux, on fabrique des balais. Les bergers autrefois fabriquaient des guêtres avec son écorce. La distillation du goudron d’écorce offre une huile rougeâtre servant à l’imperméabilité du tannage. Son écorce imputrescible a donné vie à de nombreux objets, paniers, boîtes, carquois, pirogues, gobelets,…
Ses feuilles teignent en jaune et en vert avec de l’alun, son écorce teint la laine en des tons orangés.
Bibliographie
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Brüschweiler S, Plantes et savoirs des Alpes, monographic, 1999
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Wichtl et Anton, Plantes thérapeutiques, Tec Doc, 2003
Des grains de pollen d’achillée millefeuille faisaient partie des plantes médicinales retrouvées dans le gisement archéologique néandertalien de Shanidar IV en Irak. Son nom, donné par le naturaliste Pline, provient du héros grec qui s’en est servi selon la légende, pour soigner les soldats blessés durant la guerre de Troie. Au 1er siècle, Dioscoride l’a recommandée pour soigner les plaies saignantes et les ulcères. Jusqu’au 19ème, les soldats l’ont utilisée pour arrêter les saignements, les infections et accélérer la guérison. Lors de la 1ère guerre mondiale, elle était incluse dans la trousse d’urgence.
En Chine, elle est largement utilisée depuis 2000 ans dans le cadre d’une pratique divinatoire taoïste, l’achilléomancie, pour interroger l’oracle. 50 tiges d’achillée étaient utilisées dans un dispositif complexe et répétitif de calculs. Cette technique était supposée faciliter le vide intérieur, la concentration sur la question posée. On peut voir une ressemblance avec les tiges utilisées par l’érudite dans la série La boussole d’or. Chez les Celtes, la récolte était entourée de rites magiques.
C’est donc une plante connue de tout temps et qui a toujours été utilisée.
Botanique
L’achillée est une plante vivace commune et cosmopolite aux feuilles très découpées, facilement reconnaissable. Elle est polymorphe et comprend beaucoup d’espèces et plusieurs sous-espèces.
Les fleurs sont regroupées en capitules, eux-mêmes rassemblés en corymbes et forment une « table ». Chaque capitule est formé de 4 à 5 fleurs ligulées blanches ou rosâtres et quelques fleurs centrales jaunes tubulées.
Les feuilles sont pennatiséquées et leur limbe est divisé en une multitude de segments étroits (40 à 50). La tige est ridée et plus ou moins poilue. Elle peut atteindre 70 cm de haut.
On la trouve en Europe, Asie du Nord, Amériques jusqu’à 2500m, surtout sur les terrains incultes, rocailleux, les bois clairs et le long des chemins.
Constituants
Sa composition est riche (de plus de 82 éléments), originale et variée: lactones sesquiterpéniques qui lui donnent son amertume (plus de 30 constituants ont été identifiés), flavonoïdes, huile essentielle (0,2 à 1%) à mono et sesqui terpènes (l’azulène bleue n’apparaîtrait que lors de la distillation mais se retrouverait dans des espèces voisines d’achillée), composés azotés, coumarines, acides phénoliques et des tanins. Cuivre, potassium et vitamines A, C et E.
Fleurs d’achillée avec parasites
Propriétés
« La longue nomenclature de tous les maux qu’on a cru pouvoir guérir avec cette plante a inspiré une méfiance qui a pu seule la faire abandonner » (Dr Cazin, 19s).
Elle possède des effets anti-inflammatoires et est antispasmodiques (plus marqué sur les muscles lisses et sur la musculature striée dite squelettique). Elle a une action progestative, des effets anti-inflammatoire, hémostatique et emménagogue. Elle a encore une activité cholérétique (qui stimule les sécrétions biliaires), hépatoprotectrice. vulnéraire et diaphorétique. Elle est enfin tonique vasculaire et stimulante circulatoire.
En MTC, elle ouvre les barrières du Poumon, elle fait le lien entre l’intérieur et l’extérieur. Diaphorétique, elle ouvre les pores de la peau et chasse le vent Chaleur. Sa nature légèrement froide apaise la fièvre et les inflammations du Vent Chaleur. Sa tisane enlève le Feu de la Gorge, son inhalation est efficace pour diminuer la congestion et la Chaleur dans les bronches. Elle est réputée pour enlever le Feu qui monte à la tête. Elle est également utilisée en cas de Feu du Foie lorsque celui-ci attaque la Vessie ou le système digestif ou pour arrêter les saignements pathologiques comme la ménorragie. Son lien avec le sang est important, elle rafraichît le Feu du Foie et a une action sur la Chaleur Perverse, sur les stases de Sang.
Indications
suite de traumatisme (bosses et bleus), contractures douloureuses telles que lombalgies, dorsalgies, sportives (HE)
saignements (externe ou hémoroïdes), avant une opération chirurgicale
inflammations locales de la peau, crevasses (aussi des mamelons), écorchures, blessures, gerçures, piqûres d’insectes, eczémas, acné, paupières gonflées,..
tout type de troubles menstruels, ménopause
confort veineux, jambes lourdes
calculs rénaux
fièvre
effets secondaires des chimiothérapies et avant toute radiographie (action radioprotectrice)
en énergétique: elles symbolise la faculté de discernement, elle nous aide à prendre la bonne décision, un choix adapté et équilibré.
Contre-indications
Allergie de contact en cas d’allergie aux astéracées (marguerite, camomille,…). En cas de grossesse (HE), enfant de moins de 12 ans. Sous surveillance médicale en cas de prise de médicaments anticoagulants du fait de ses coumarines ainsi que antiacides/H2bloqueurs et IPP.
Galénique
tisane: 2 gr de fleurs d’achillée (grande cc) pour 1 tasse, laisser infuser 10 minutes. En compresses ou en bain de bouche aussi.
bains de siège: 100gr de plantes séchées dans 1 litre d’eau, à diluer dans la baignoire (20 à 25 litre d’eau) ou pour faire baisser la fièvre des enfants
HE: diluée dans une huile végétale en externe
alcoolature: 3 à 5 ml 2 à 3x/jour
macérat huileux (avec bourrache et rose): antirides et inflammatoire
vinaigre: après-shampoing fortifiant ou genoux des enfants
homéopathie: en 5 ou 7CH avant d’aller chez le dentiste
en élixir floral: c’est une plante de protection, elle est comme un gilet pare-balles contre les mauvaises influences et énergies, qu’elles soient humaines ou atmosphériques
En cuisine
L’achillée est une plante comestible d’usage alimentaire, dont on peut utiliser les fleurs et les feuilles pour bénéficier de ses nombreuses propriététs traditionnelles médicinales. Elle rentre dans la composition de nombreuses liqueurs et avant la généralisation du houblon, elle entrait dans la composition du gruit, un mélange utilisé pour parfumer la bière. On l’utilise rarement seule ou en grande quantité, du fait de son amertume et de son goût prononcé.
omelette (feuille)
pesto (en mélange)
crèmes et flans (fleurs)
sel, vinaigre, conserves et beurre aux herbes
sucre aux fleurs
alcools
en sauce (crevettes à l’achillée)
la cendre est un succédané de sel
avec le pissenlit en salade détox
En cosmétique
baume après-rasage
Au jardin
L’infusion de fleurs à froid pendant 24h peut être utilisée comme fongicide. La plante favorise également le compostage. C’est une stabilisatrice des sols, idéale dans les pentes. Les cendres de l’achillée sont riches en silice et en potassium, elle rééquilibre un sol érodé qui « saigne » et perd ses fertilisants. Elle est très attractive pour les pollinisateurs, notamment syrphes ou autres coléoptères et papillons de jour. C’est aussi une plante hôte pour de nombreuses chenilles de nuit. Ses graines nourrissent les oiseaux en hiver.
En teinture naturelle
Elle a beaucoup été utilisée pour sa teinte jaune, solide sur la laine. Associée au sulfate de fer, elle donne des nuances brunes. Grâce à ses tanins, elle rend bien en martelage.
Bibliographie
Beiser R, Fleurs et fruits sauvages pour tisanes, DelachauxNiestlé, 2010
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Thévenin T, Les plantes sauvages, Souny 2012
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Wichtl et Anton, Plantes thérapeutiques, TecetDoc, 2003
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La clé du printemps et des encombrements respiratoires
Botanique et écologie
La primevère est répandue en Asie centrale et mineure ainsi qu’en Europe. On la trouve au bord des chemins ou dans les prés jusqu’à une altitude de 1500m. Ses feuilles, en rosette, sont ovales un peu velues sur leur face inférieure avec des nervures bien dessinées. Elles se rétrécissent à leur base. Ses fleurs ont un tube jaune vif à 5 lobes avec des taches oranges dépassant le calice vert clair. Elles sont réunies par grappes de 5 ou 6, pendantes au bout de la tige dressée.
Il y a plusieurs sortes de primevères, 32 en Europe, dont la plupart poussent en montagne. Primula eliator ressemble à Primula veris, mais ses fleurs ont des coroles plus claires et plus grandes sans lignes oranges. Seule la veris a un parfum que l’on peut utiliser en cuisine. Toutes les primevères récoltées dans un lieu sauvage sont comestibles.
Sa fleur pendante a une particularité botanique et écologique, un dispositif d’anti-consanguinité. Certaines fleurs ont ainsi un pistil long et des étamines courtes et d’autres le contraire, favorisant le pollen venant d’une autre plante à la visite de l’insecte. Il y a aussi une variation de la taille du pollen et des poils des stigmates suivant les fleurs, entrainant une facilité d’approche ou pas du pollen. Et finalement, il existe un dispositif d’auto-incompatibilité reconnaissant l’empreinte génétique des éléments mâles et femelles qui empêchent le pollen de germer sur les pistils de la même fleur.
Cette plante est bio-indicatrice d’un sol calcaire avec manque d’azote et de matière organique animale.
Un petit papillon de jour, le lucine pond ses oeufs sur le dessous des feuilles. La chenille les mange de manière particulière en laissant le bord et les nervures. La primevère fournit un nectar abondant apprécié à la sortie de l’hiver.
Primevère rose de montagnePrimevère eliatorPrimevère acaule
Histoire
A l’Antiquité, la plante ne poussant ni en Grèce ni en Italie, il n’est pas fait mention de la primevère. Au 12ème siècle, Hildegarde de Bingen la conseillait pour fortifier les nerfs et apaiser la mélancolie. A la Renaissance, elle a été vantée par plusieurs auteurs botanistes pour des vertus contre la paralysie, l’apoplexie, le bégaiement, les vertiges et migraines nerveuses. Sa réputation a ensuite été dépréciée au 19ème siècle. Elle est revenue sur le devant de la scène grâce à des chercheurs allemands au 20ème siècle..
A travers les Ages, elle a été associée au renouveau, à l’espérance et à la fertilité. Au 17ème siècle, elle est symbole de libertinage.
Constituants
Racines: des saponosides triterpéniques (type oléane à chaîne sucrée), des traces d’acide salicylique, des sucres rares (heptoses,…) et des hétérosides alcooliques ainsi que des tanins.
Les feuilles sont riches en Vit C et en sels minéraux (Mg et K). Elles renferment également des saponines, des glucosides et diverses substances.
Indications
Expectorante en raison de ses saponosides, pour les bronchites, toux, refroidissements, fluidifier les mucosités bronchopulmonaires, l’asthme. Selon Wichtl et Anton, les saponosides de la primevère seraient des inhibiteurs de croissance de bactérie et de champignons (Candida albicans,..) et auraient des propriétés antivirales (Influenza A). Elle serait en outre diurétique, antispasmodique et analgésique, utiles en cas de névralgies, maux de tête, goutte,… On l’utilise traditionnellement aussi comme traitement d’appoint adoucissant et antiprurigineux contre les affections dermatologiques comme les crevasses, écorchures, gerçures, contusions.. Appliquée en compresse, la décoction constitue un remède pour les randonneurs aux pieds meurtris.
Les fleurs adoucissantes et calmantes entrent dans des mélanges pour le stress, la surexcitation et le sommeil en particulier des enfants. Et également dans le cadre des encombrements bronchiques, mais elles auraient moins de force que la racine, car elles ne contiennent ni salicycates ni saponines. On les utilise comme sudorifiques lors de rhume fébrile et maux de tête avec congestion nasale.
Aucune contre-indication ni interactions médicamenteuses connues, mais des troubles digestifs et des nausées peuvent quelquefois survenir en cas de surdosage.
Des confusions ont été trouvées dans le commerce avec des racines de Dompte-venin, Vincetoxicum, dont l’aspect extérieur est semblable. Ces racines comme leur nom latin l’indiquent sont toxiques! Les laboratoires doivent normalement faire un examen UV pour les détecter.
Certaines personnes peuvent être allergiques au genre Primulacées, surtout aux horticoles. La Primula obconica, une espèce ornementale importée de Chine, peut provoquer de graves allergies de contact.
Galénique
tisane: racines 0,2 à 0,5 gr infusées 5 min. Toutes les 2-3h avec du miel comme expectorant. Ou selon Fournier, 20 à 30 gr de racines/litre d’eau. Ou 2gr de fleurs.
huile macérée (plante entière avec les racines): pour frictionner le thorax ou les membres douloureux
alcoolature: 10 gtes dans un verre de jus d’orange ou de citron contre la toux
On récolte de préférence les racines au cours de la 3ème année. Les fleurs sont récoltées en début de floraison. On peut également ramasser les feuilles avant floraison.
Tisane de printemps: Feuilles de pissenlit, orties, violette, véronique, bouleau et de fleurs de primevère. 15 gr de chaque plante. 2cc par tasse.
Tisane bonne nuit: 30gr aspérule, 20gr matricaire, 30gr primevère. 5 gr du mélange pour 1 tasse.
Primevères et gentianes annonçant le printemps en montagne
Cuisine
Les feuilles ont une très légère odeur d’anis et une saveur agréable, un peu piquante. Les racines dégagent également une odeur d’anis. Mâchées telles quelles, elles irritent la bouche. Cependant, on peut les utiliser pour aromatiser des boissons ou des légumes. Elles peuvent aussi être utilisées pour faire saliver.
feuilles en salade ou en soupe
fleurs en décoration
fleurs (uniquement de l’officinale) en mousse
vin de fleurs
sirop ou gelée
biscuits
Gelées printanières
Légendes
Les fleurs de primevère seraient les clés du paradis négligemment laissées tombées à terre par saint Pierre.
Au pays des fées, on raconte qu’autrefois un violent combat éclata dans le ciel entre les giboulées et les êtres lumineux voulant protéger la végétation poussant sur Terre. Le Bien l’emporta et un magnifique arc-en-ciel apparut pour célébrer cette victoire. La déesse Flore qui assistait au spectacle fut si admirative qu’elle se pencha pour mieux admirer le phénomène, Mais en effectuant ce geste, elle fit tomber la clé du jardin des fées dont elle avait la garde. Quand cet objet magique toucha notre sol, il prit racine et donna naissance à la primevère.
La consommation permettrait à tout un chacun de voir les fées invisibles à nos yeux.
La primevère a beaucoup de légendes en Angleterre, où elle a entre autres comme nom « tasse de fée ». Le fait de cueillir 13 fleurs provoquerait l’apparition des fées. Et si l’on frappe un rocher avec un bouquet avec le même nombre de fleurs, les portes du royaume des fées s’ouvriront pour révéler ses trésors. Toujours 13 primevères, attachées au-dessus d’un berceau empêchaient les fées d’enlever le nourrisson. On en faisait également des boules que l’on fixait sur les portes des maisons pour se protéger des fées.
En Allemagne, elle guide chacun jusqu’à des domaines enchantés. Dans ces lieux, l’or et les pierres précieuses sont enfermés dans des pots recouverts de primevères. Une fois le trésor prélevé, il faut toujours reposer soigneusement les fleurs à leur place. Sinon, un chien noir suivra le voleur indélicat jusqu’à sa mort. Si durant la semaine sainte, une femme en trouvait une fleur, elle se marierait dans l’année avec son élu.
Elle était réputée favoriser l’inspiration et la création artistique. Ses feuilles et fleurs séchées réduites en poudre étaient placées près d’un chevalet ou d’un bureau. C’était l’amulette idéale pour l’écrivain ou le peintre.
Ecoprint de primevères acaules
Bibliographie
-Barrau et Ely, Les plantes des fées, Terra curiosa, 2014
-Beiser R, Fleurs et fruits sauvages pour tisanes, delachaux et niestlé, 2010
-Bouvet et Scaturro, Guide des plantes sauvages en montagne, terre vivante, 2022
-Brüschweiler S, Plantes et savoirs des Alpes, monographic, 1999
-Couplan F, La cuisine sauvage, Sang de la Terre, 2018
-Couplan F, Déguster les plantes sauvages, Sang de la Terre, 2017
Le parfum printanier, utilisation médicinale et culinaire.
Viola odorata-violacées
On trouve la violette partout dans le monde. Ella apprécie les lieux couverts, les bois, les taillis, les haies et les pelouses grasses. C’est une petite plante vivace. Les fleurs ont 5 pétales de couleur violet foncé ou clair ou blancs. Les deux sépales supérieurs sont recourbés vers l’arrière et les deux pétales médians sont dirigés vers le bas. Au contraire, les pensées ont ces deux sépales dirigés vers le haut. Les feuilles sont arrondies en forme de coeur avec un bord dentelé et un long pétiole (tige). Elle est légèrement velue et forme des colonies plus ou moins étendues. Les fruits, minuscules capsules contenant les graines, sont souvent transportés par les fourmis.
Le genre viola regroupe en Europe près d’une centaine d’espèces de violettes et de pensées. C’est une espèce souvent cultivée pour sa beauté et le délicat parfum de ses fleurs. Outre la Viola odorata, la collina, mirabilis et suavis dégagent aussi un odorant parfum.
Autrefois, les Grecs étaient persuadés que cette plante calmait les accès de colère et rendait le coeur plus solide. Ils l’ont dédiée au dieu Pan. Les Romains lui attribuaient la vertu de retarder l’ivresse, ils portaient parfois ainsi lors d’énormes repas une couronne de violettes. Les médecins de l’Antiquité lui attribuaient déjà un grand pouvoir curatif, Hippocrate et Pline l’Ancien l’utilisaient. Au Moyen-Age, grâce à la médecine arabe, elle a gagné en popularité. Meshué, grand savant arabe l’indiquait contre la constipation, l’angine, l’insomnie et les maladies du foie.
La violette est l’emblème de la ville de Toulouse, de part la fabrication de bonbons, pralines,… Tout comme Parme
Constituants
Toute la plante contient des saponines, des substances amères, des alcaloïdes (violine, odoratine), de l’eugénol, des flavonoïdes, du salicycate de méthyle et des mucilages. La fleur contient une huile essentielle odorante et un pigment bleu, la cyamine. Ainsi que du calcium (47mg/100mg, du phosphore (86mg/100g), du fer (1mg/100gr, du sodium (18mg/100gr), et du potassium (166mg/100gr), de la vit A (900 UI), B2 (0,1mg), PP (0,6mg) et C (150mg). Les feuilles sont riches en vitamine A (8300 UI) et C (210 mg/100g). Elles renferment également des sels minéraux.
Propriétés
Ses fleurs sont émollientes ++++, béchiques ++, pectorales ++ et sudorifiques, ses racines sont purgatives et vomitives.
Ses indications thérapeutiques
toux sèche, bronchites, laryngites en tisane de fleurs (1cc) ou toux grasse de racines (max 5gr/l)
vomitive en infusion (10gr/l racine)
rhinopharyngite et incontinence enfantine en homéopathie
inflammations digestives en tisane
conjonctivite (infusion en bain d’yeux)
en élixir floral pour les personnes timides, mal à l’aise en société. Il aide à communiquer, donne du courage et aide à sortir d’une trop grande discrétion, sans pour autant renier sa sensibilité et son identité.
La traditionnelle « tisane pectorale des 7 fleurs »: fleurs de bouillon blanc, coquelicot, guimauve, mauve, pied de chat, tussilage et violette. 1cc par tasse, infuser 10 minutes, 3 à 4 tasses par jour.
Tisane printanière: feuilles de pissenlit, ortie, véronique, bouleau, fleurs de violettes et de primevères.
Précautions: à forte dose, la plante peut provoquer des nausées du fait de sa teneur en violine, de l’hypotension (plus de 10gr de racine).
En cuisine
L’eau froide retient quelque peu son parfum, ce qui n’est malheureusement pas le cas des produits laitiers, crème ou lait.
les feuillles sont tendres, on peut les manger crues ou cuites de diverses façons (dans la soupe elle épaissit le tout), ajoutées dans une purée, farces et sauces par exemple
décor de salades ou de plats
gelée, sirop, glaçons
sel ou sucre à la violette
fleurs confites dans du blanc d’oeuf et sucre
vinaigre, huile ou liqueur
les racines rôties peuvent servir de substitut de café
crème sucrée d’avocat et de violette
en mode zéro déchet, récupérer les fleurs après les avoir filtrées pour sirop, gelée,… et les incorporer dans des gâteaux ou des gnocchis!
Culture au jardin
Elle est de culture assez délicate. Lors des semis, ne pas trop les arroser pour prévenir le pourrissement. Une fois en terre, elle tolère le plein soleil, la mi-ombre ou même les situations ombragées. Le sol doit être riche en matières organiques, drainant et frais. Les abeilles l’apprécient, surtout que peu de fleurs sont présentes à cette période.
Contrairement à beaucoup de plantes, la cueillir va stimuler la reproduction végétale et elle va plutôt s’étoffer d’années en années.
Autres utilisations
On peut en faire une aquarelle végétale qui va virer au rose avec l’ajout d’un acide (jus de citron) ou au vert avec une base (bicarbonate). Ou frotter simplement la fleur sur le papier.
L’essence de violette est utilisée en parfumerie, dans la fabrication de cosmétiques et de solutions pour l’hygiène buccale.
Bibliographie
-Couplan F, La cuisine sauvage, 2018, Sang de la Terre
-Couplan f, Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées, 2020 Delachaux et Niestlé
L’aspérule contient de la coumarine, une substance qui lui donne son arôme si envoûtant. Le mélilot en contient également aussi. Le mot coumarine vient d’un dialecte amérindien. Ce dialecte était utilisé par le peuple Toupis, il désignait l’arbre de la fève tonka (« kumarù », puis « coumarouna »). Ainsi l’aspérule et la fève tonka sont apparentées au niveau du goût!
L’aspérule était autrefois appelée Herba matrisilvae et Hepaticae stellatae, elle était ainsi utilisée comme hépatique et astringente.
L’aspérule a une tige quadrangulaire (carrée). Ses feuilles poussent au même niveau et sont verticillées (en rayon autour de la tige) fines et allongées. Elles forment plusieurs étages le long de la tige. Ses fleurs sont petites, très blanches, à 4 pétales soudés. Elles sont réunies en corymbes au sommet de chaque tige. Toute la plante est glabre (sans poils). Ses fruits sont petits et ronds, parsemés de poils courts en forme de crochet qui s’attachent aux poils des animaux, habits,… Lorsqu’on froisse ses feuilles, un doux parfum s’en dégage. Elle se propage par ses tiges souterraines et forme souvent des colonies assez denses.
L’aspérule peut pousser jusqu’à 1600m. Elle a besoin d’humidité, elle fréquente ainsi les forêts de feuillus ou mixtes, en lisière ou en clairière. Elle apprécie particulièrement les hêtres. C’est l’une des premières fleurs du printemps, on la trouve en mai-juin.
Il existe plusieurs sortes de gaillets. Le gaillet odorant (l’aspérule), le gaillet jaune (qui servait à cailler le lait), le gaillet blanc, le gaillet gratteron (celui qui colle aux habits..)
Gaillet aspérule et gaillet gratteron
Précautions d’emploi et de cueillette
Pour la cueillette, laisser au moins 2 étages de feuilles pour sa photosynthèse et sa pérennité. On conseille de ne pas revenir avant 3 ans sur le même site. La plante est sensible à l’arrachement, la cueillette doit ainsi être faite en douceur. Elle pousse également proche de plantes toxiques, comme la parisette à 4 feuilles, l’ancolie, le lierre, l’euphorbe des bois. Attention donc à être bien vigilant.
Attention, le séchage est délicat! La plante ne doit pas noircir! Les coumarines se transformant alors en dicoumarol, contenant de l’antivitamine K pouvant provoquer des hémorragies (ancien composant de la mort aux rats). Elle doit donc être séchée bien étalée et retournée régulièrement. Elle doit être également stockée à l’abri de l’humidité pour la même raison. Consommée en grande quantité, l’aspérule peut provoquer des maux de tête et peut être difficile à digérer. En voie interne, éviter le surdosage, car elle peut engendrer de la somnolence, des maux de tête ou des nausées. Eviter pendant la grossesse, sous traitement anti-coagulant ou en attente d’une intervention chirurgicale.
A gauche aspérule à jeter, noircie
Constituants
Coumarines, flavonoïdes, acides organique (gallique) et phénoliques (acide caféique), tannins et substances amères, iridoïdes (aspéruloside), vanilline, alcanes, vit B3, huile essentielle.
L’aspérule avant floraison
Usages médicinaux
L’aspérule serait sédative, calmante, antispasmodique et stimulante du foie et de la lymphe, digestive, diurétique ainsi que légèrement anti-inflammatoire et vulnéraire. Elle serait donc utile pour:
les troubles du sommeil
la nervosité, l’émotivité, les angoisses
les troubles digestifs, ballonnements, flatulences, dyspepsie
migraines (front), vertiges, névralgies
jaunisse, engorgement foie ou rate
conjonctivites (avec plantain et bleuet)
drainage lymphatique
petites plaies et dermatoses, furoncles, eczémas
Cela peut être une plante pour des profils de personnes effacées, avec réactions congestives, qui rougissent facilement. Elle peut se comparer en homéopathie à Pulsatilla.
On la trouve en teinture-mère, mais elle est utilisée principalement en tisane.
Tisane anti-stress:
Aspérule, aubépine, mélisse et marjolaine à parts égales.
10gr du mélange infusé 10 minutes pour 1 tasse. A boire 3x/j, 5j sur 7j, pendant max 3 semaines.
Utilisation culinaire
Le Maitrank, vin blanc avec macération de jeunes pousses d’aspérule célèbre en Alsace est une boisson fort ancienne, puisque Hieronymus Bock (botaniste allemand) la vante déjà en 1551 comme « réjouissant le coeur et désopilant le foie ».
Sa racine donne, comme les autres gaillets une teinture rouge. Sa cousine est d’ailleurs la célèbre garance.
Le lait des vaches l’ayant consommée serait plus savoureux.
On l’utilise également dans des sachets pour embaumer le linge et comme antimite naturel. Ou en coussins avec de la lavande et de la mélisse pour un effet somnifère.
Pour remplacer le tabac industriel, on peut faire un mélange de feuilles de menthe, tussilage, framboisier, bouillon blanc et aspérule par exemple.
Elle est nectarifère et appréciée des abeilles.
Bibliographie
-Bouvet et Scaturro, Guide des plantes sauvages en montagne, 2022, Terre vivante
-Couplan, F, Déguster les plantes sauvages, 2017, Sang de la Terre
-Fleischhauer, Guthmann et Spiegelberger, Plantes sauvages comestibles, 2019, ulmer
-Fournier P-V, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de Grance, 2010, omnibus