Le sureau, l’antiviral qui vous veut du bien

Guide complet

Sambucus nigra, apiacées

Fleurs et feuilles de sureau

Le sureau est un arbuste de 3 à 10 mètres de haut, à fleurs blanchâtres à crème, odorantes. Celles-ci sont réunies en corymbes fournies en forme de parapluie. Les feuilles sont imparipennées avec 5-7 lobes ovales, aigus et dentés. Les fruits noirs sont luisants à maturité. Son écorce est couverte de lenticelles liégeuses et les rameaux sont remplis de moelle blanche.

Le sureau peut vivre une centaine d’années et jusqu’à 1500 mètres. On les trouve sur le bord des chemins, dans les bois, en lisière, dans les haies et jardins dans presque toute l’Europe et en Asie mineure. Il aime les endroits ensoleillés à mi-ombragés et pratiquement tous les sols, de préférence riches en nutriments et en humus, bien alimentés en eau.

En altitude, on trouve le sureau rouge, légèrement toxique. Attention à ne pas le confondre le sureau noir avec le sureau hièble, plus toxique, qui est une herbacée et non pas un arbre. Ses fruits noirs sont dirigés vers le ciel alors que ceux du sureau noir sont retombant.

Sureau rouge et sureau hièble:

  • flavonoïdes (dont quercétine et kaempférol)
  • triterpènes (dont bétuline, acide oléanolique)
  • phytostérols (fleurs)
  • acides phénoliques (dont coumariques et caféiques ( (fleurs)
  • anthocyanes (fruits)
  • huiles essentielle
  • tanins
  • mucilages (fruits)
  • fruits: vit B2 (65mg/100gr frais), B6, C (18mg), bétacaroténoïde, acide folique (17mg), potassium, phosphore, calcium, acides ainés (tyrosine), sucre

Dans les tiges, les fruits verts et les graines se trouvent des liaisons cyanogènes qui lors de leur désagrégation donnent de l’acide cyanhydrique. Cet acide est libéré par la chaleur, le séchage, la macération dans l’alcool ou le vinaigre, ce sont donc des formes conseillées pour consommer ces fleurs.

Bourgogne sauvage, avec des grappes de baies noires et des feuilles vertes.
  • sudorifique
  • anti-inflammatoire, antibactérien et viral
  • expectorant
  • immunomodulant et stimulant
  • rhume et fièvre
  • toux sèche, bronchite, enrouement, asthme, rhume des foins, sinusite, aussi chronique
  • maux de tête et otite
  • infections urinaires, rhumatismes, règles douloureuses
  • en macérat huileux: peau irritée, crevasses, coup de soleil
  • en gargarsime: gingivite et stomatite
  • jus de fruits: stimulant, sciatique
  • en médecine chinoise, feuilles, tiges et racines favorisent la guérison des fractures et calment les spasmes musculaires.
  • en homéopathie, Sambucus 12CH pour le coryza ou laryngite

Bien cuire les baies et éviter une surconsommation (nausées et vomissement) et consommation contrôlée en cas de diabète (diminue le taux de glucose et fausse les tests). Aucune contre-indication connue pour les fleurs.

Fleurs

  • sirop, limonade, liqueur
  • vinaigre, vin
  • sucre aromatisé
  • beignets, yaourt ou fromage blanc
  • crème, sorbet, glace, marinade
  • biscuits, tarte

Ne pas nettoyer les fleurs au risque de perdre leur pollen, des substances et leur arôme.

Un seau blanc contenant deux bouteilles de vinager de sureau, une bouteille de sirop de sureau et un flacon de poudre, sur une surface en bois.

Fruits

  • jus, sirop, liqueur, vinaigre
  • confiture, gelée
  • mousse, compote
  • tartes, gâteau, biscuit
  • sauce
  • cuir de fruit

Décrocher les fruits à l’aide d’une fourchette. .

  • Teinture, peinture, colorant alimentaire avec les fruits
  • Instrument de musique (flûte, pipeau)
  • Jardin (les feuilles fraiches éloignent les mouches et dans les terriers les rongeurs/ en purin les feuilles contre les pucerons, piéride du chou, altises et elles accélèrent la décomposition du compost)
  • Faune (gîte et couvert pour les oiseaux, fleurs pour les insectes et phalène du sureau et sphinyx du troène/tiges: nichoir à insectes au moment de la reproduction ou pour passer l’hiver pour notamment les abeilles et guêpes solitaires)
  • Conservation: des fleurs séchées étalées sous des pommes leur donnent un goût d’ananas
Échantillons de peinture aquarelle sur une feuille, présentant des nuances de violet, gris et rouge.

Le sureau a une des plus vieilles histoires connues ; des archéologues ont retrouvé des graines attestant de son usage dans des sites datant de l’âge de pierre et de l’âge de bronze.
La médecine grecque attribuait au sureau des propriétés laxatives et diurétiques, tandis que les Romains utilisaient les baies pour se teindre les cheveux. Hippocrate employait les baies contre l’hydropysie, Pline pour teindre les cheveux et Galien contre les catarrhes et les excès de mucus. Sainte Hildegarde, au XIIe siècle, préconisait son usage contre la jaunisse. Au XIXe siècle, les médecins utilisaient les fleurs fraîches comme diurétique, et les fleurs séchées pour soigner la grippe et les refroidissements.
Le sureau est entouré de multiples légendes : la flûte enchantée des légendes germaniques serait en bois de sureau et les sons qu’elle émet protégeraient des sortilèges. C’est aussi en sureau que serait faite la baguette magique des sorcières et des fées. Chez les gitans, on ne brûle jamais le bois de cet arbre. Selon une tradition de Bretagne, chaque petite fleur de sureau abriterait une fée ayant fui la persécution des chrétiens. Planter un sureau proche de la maison protégerait des mauvais esprits, mais ne pas l’entourer de barrière en bois de sureau, les fées n’étant plus libres de circuler. Et avant de le couper, il s’agissait de s’attirer les bonnes grâces des esprits. Dans la mythologie grecque, les baies font partie de la nourriture des dieux. L’arbre pousserait sur des zones de courants telluriques et révélerait la présence de sources cachées,

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